L'oeuvre révèle l'artiste et son évolution.
Il y a, depuis l'enfance perdue, ce besoin de racines qu'il faut faire au delà des lieux, dans un ailleurs idéal, refuge intime au plus profond de l'art.
Dans ce combat identitaire de tous les jours où souffle la passion, année après année, s'éveille et s'éclaire la conscience plastique. Van Gogh et Cézanne, pour oublier l'hopital...Répondre à la vie en défiant la mort, dessins et aquarelles se confrontent au motif, la nature contemplée y est transposée, en eux se réanime la lumière des origines. Le vocabulaire s'engrange, bien plus tard, il servira à l'oeuvre abstraite.
Commencent les voyages à la découverte de chefs-d'oeuvres méconnus, Londres, Paris, le Louvre au quotidien, l'imprégnation de la sculpture égyptienne, summérienne. La force primitive de l'art africain. Le statuaire hindou, khmer du musée Guimet, ses estampes et dessins zen dont la fulgurance du trait atteint l'essentiel. Devant soi s'ouvre, libre, le champ précieux des connaissances qu'il faut incarner.
Pélerin sur les routes de France, de monastère en prieuré, l'art roman et l'expérience spirituelle viennent sous-tendre et nourrir l'impulsion créatrice. La rencontre du graveur Jean-Marie GRANIER favorisera l'engagement dans l'abstraction. Puis celle de CESAR, sculpteur à la fois classique et novateur, impulsera l'aventure du métal soudé. Nouveau parcours initiatique, l'Italie, Arezzo, Piero Della Francesca, Assise et Giotto, la Sicile et le céleste Cégeste. La Grèce, le Parthénon, Epidaure, Delphes, les îles, le mont Athos, ces icônes au coeur de la liturgie orthodoxe.
Retour à Nimes.
L’aventure y est renouvelée en secret au sein du foyer. L’atelier nourrit l’enseignement en théorie et didactique du collège aux facultés. L’écriture au quotidien et la vision sinestésique d’un art s’élevant en plein air pour un dialogue poétique de nature musicale.
Sur la voie de l’esprit libre, l’œuvre se construit. Des sensations baroques à l’idéal épuré, les formes éclosent et se déploient . L’Espagne et le Japon y sont évoqués.
La technique du métal rejoint la trace du pinceau et sa liberté de geste, alliant réflexion et spontanéité. Les volumes accrochent la lumière pour danser avec rythme et souplesse. Leurs masses évoluent entre équilibre et déséquilibre, libèrent leur énergie et s’offrent à l’espace pour qu’il les traverse et les fasse vibrer. La forme se fait et se défait avec rapidité.
D’un dessin à l’autre s’élabore par le jeu de l’ombre et de la lumière un hymne à la vie.
Cette aventure incisive permet de s’élever et d’échapper à sa condition pour faire face à son destin. Dans ce sillage vient l’appel des couleurs et leurs sonorités. Elan qui orchestre l’espace temps, où le corps et l’épaisseur des textures se font sensibles et s’imposent en musique personnelle.
Ecriture, dessin, peinture s’alternent avec sculpture. Médiums devenus indispensables pour donner toute la vigueur la force, la dimension de l’émotion et de la pensée.
D.SCHMITT